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N° 47 juillet-août-septembre 2007

Nous irons tous au paradis

Jusqu’à la dernière minute, nous l’avons cherché. En guise de préambule, soyez dans la confidence : qu’entendions par « coins de paradis » ? Un lieu, un panorama, une trouée au détour d’une route, une fronce dans la montagne, une crête au bord de l’infini, ou plus simplement, une place, un quartier. Nous avons rassemblé nos souvenirs car le paradis se cache souvent là, dans un instant vécu, une lumière entrevue sur un paysage. C’est alors que nous avons découvert combien il est difficile d’inventorier des instants passés, parfois aussi fugaces qu’un soleil qui disparaît derrière l’horizon. Mais dans la gradation des difficultés, le pire était à venir : il fallait les photographier ! De la représentation mentale, du souvenir, presque d’un rêve, il fallait donner l’image.

C’est alors que la magie du photographe opère (le mot magie n’est-il pas une anagramme d’image ?) Feuilletez donc cet album de rêves éveillés et surtout allez voir ces « coins » puisqu’ils existent et surtout, complétez le par vos propres découvertes. Les quelque cinq cents kilomètres parcourus à pied par notre reporter entre Bayonne et Bilbao pour une traversée du Pays basque n’était pas non plus une pénitence. À l’en croire, cette épopée pédestre est un ravissement, une jubilation, une douce philosophie d’appréhension de ses racines dans l’espace et par la marche. Avec l’arrivée des premières planches de surf sur la Côte, les tentatives pour se tenir debout sur un morceau de balsa, des expérimentations au fond d’un garage pour mettre au point l’ancêtre du leash et des journées entière à la plage avec les enfants et les copains…

Voilà ce qu’ont vécu les tontons surfeurs et tous ceux qui les ont vus, suivi, accompagné dans leurs premiers essais jusqu’à l’expression quotidienne d’une passion toujours dévorante. C’était aussi ça le paradis ! Et le conteur de cette saga iodée  ravive à merveille ces heures aux couleurs des marées. Mais qu’est ce que le paradis ?

Une joie fulgurante comme celle éprouvée par Andrée Rosier le 15 mars dernier en devenant meilleure ouvrière de France, la première femme dans l’histoire de cette institution gastronomique vieille de 71 ans, à la recevoir. Un sésame bien trouvé peut nous conduire au paradis. Il tient parfois à une caisse de pouces-pieds, ces coquillages très rares ravis aux rochers au prix d’une collecte infernale et dont les gourmets ibériques raffolent. Présentés au maître Oteiza, ils ont ouvert les portes sinon du paradis, du moins de l’antre du créateur à l’amitié ; une amitié terrestre entre deux hommes.


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Couverture

 

6.9



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