You are here: Home Doubles


N° 52 octobre-novembre-décembre 2008

Le retour des paysans

Quelques semaines avant qu’éclatent les “émeutes de la faim” dans les pays les plus lointains d’Asie ou les plus proches d’Afrique, nous élaborions déjà ce dossier qui donnait la parole aux agriculteurs basques. Sur fond de hausse spectaculaire du cours de la céréale, du prix du carburant, de nouvelles toujours plus alarmantes sur les effets des OGM, nous voulions savoir comment travaillent et à quoi pensent ceux qui vivent de la terre au Pays basque. Parce que, comme des milliers de citoyens dans le monde, nous sommes inquiets pour notre avenir et celui de nos enfants, parce que nous semblons dépendre encore plus de ceux qui nous nourrissent.

Plutôt que la désignation d’“agriculteurs”, que nous avions d’abord envisagé, nous avons opté pour celle de “paysans”. Car, si dans les pays économiquement forts on parle d’agriculteurs à la tête de milliers d’hectares, au Pays basque nord la géographie physique compte davantage de paysans. Les paysans sont de retour... Nous l’avons constaté et, pour plagier le sociologue Henri Mendras qui,volontairement provocant, annonçait La Fin des paysans dans son ouvrage éponyme publié en 1967, nous avons observé ici une conception raisonnée et organisée de l’agriculture, dans laquelle la notion de terroir refait surface. Nombre de paysans basques portent en eux une conscience aiguë de l’appartenance à une terre. Ils composent et ils luttent avec les changements de société qui les concernent aussi et touchent pour partie à leurs acquis d’ordre spirituel, culturel, mais aussi matériel. Parfois, ils se laissent séduire par les promesses de la spéculation foncière. Leur noble tâche d’approvisionner en denrées alimentaires le reste de la population demeure leur force majeure. La qualité est leur nouveau défi.


>> Voir le sommaire complet

Couverture

 

6.5



Rechercher