N° 50 avril-mai-juin 2008

Développement durable

Comme il ne passe pas un jour sans que le développement durable soit au menu d’un discours, d’une discussion... il ne se passe pas un trimestre sans que l’édito de Pays basque Magazine fasse de même ! Si je n’y échappe pas (et vous avec), c’est parce que ceux qui pensent et posent les pierres du Pays basque de demain ont aussi adopté cette expression que je qualifiais, il y a trois mois, de “ritournelle”. Il est vrai que, comme vous, je me suis souvent interrogée sur le sens de ces deux mots qui, réunis, sonnent si bien. Ils renvoient à une idée de mouvement, forcément positif puisque durable, et à une manière, dans un monde où tout va trop vite, de donner enfin du temps au temps.<BR> Là, au pays merveilleux et abstrait du développement durable, tout avance en harmonie et existe pour durer. Comme vous aussi, peut-être, je m’en méfiais. En tout cas, je m’en méfiais encore il y a trois mois avant d’entendre les “sages” du Pays basque nord me dire, et surtout me prouver, qu’au centre de leur définition du développement durable il y avait l’homme. Enfin, du sens ! Enfin, loin de l’agitation frénétique des “hommes pressés”, une prise en compte de l’individu qui, lui, ne dure pas. C’est donc au Pays basque, laboratoire des actions communes et de “l’agir ensemble”, que l’on va assister à la création d’un vrai développement durable. Car c’est à l’humain et au collectif que l’on pense quand on dessine, ici et aujourd’hui, les futurs quartiers bayonnais. C’est l’homme de demain que préserve le si discret Vincent Plombin, responsable des espaces verts de Bayonne, qui place des ruches sur les ronds-points, et des coccinelles dans les massifs pour que l’air soit meilleur. C’est à leurs enfants que pensent les habitants des villages avoisinant le barrage d’Itoiz, en Navarre, qui menace de céder à la première secousse sismique. À quoi pensent ceux de la vallée des Aldudes quand on leur parle de développement durable ? À faire revivre l’auberge du village pour que la vie reprenne… une “relance économique” au niveau ultralocal sans attendre les directives européennes.<BR><BR> Si les hommes reviennent au centre du terrain, prêts à innover, à s’enrichir mutuellement, à partager vraiment, il y peut-être quelques victoires à remporter ? Au conseil du développement du Pays basque, les groupes de réflexion planchent sur la lutte contre les exclusions sociales, sur la santé en milieu rural, sur la formation, pour développer les compétences durant toute une vie d’homme avant d’assurer le passage de relais aux suivants. On construit en dur depuis longtemps au Pays basque, on sait que prendre son destin en main passe aussi par les autres et qu’il n’y a pas d’itinéraire personnel abouti qui puisse se soustraire au soutien d’un groupe. À propos, comment dit-on développement durable en euskara ?
 


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6.5


N° thématique 2007 : ETXE – MAISON BASQUE

Les clés de l’etxe

À travers le monde, les Basques exilés ont fondé des « euskal etxeak », littéralement « maisons basques ». Loin des vallées de leurs ancêtres, à Buenos Aires, Moscou ou dans une plaine californienne, ils ont recréé un repère, un lieu d’échanges et d’évocation du « foyer », souvent aux couleurs rouges et blanches de la maison idéalisée des aînés. Lorsqu’on les regarde de loin, le pays, la maison, la langue comme une arborescence de l’être basque, reforment un tronc unique qui repart plonger ses racines dans le soubassement premier : la terre.

C’est sur cette terre que se dresse la maison. Auréolée d’un caractère sacré, elle renferme derrière sa porte les coutumes, les rites sociaux et familiaux, une symbolique que les Basques déplacent avec eux à travers le temps et l’espace. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, le souhait de chacun est de retrouver la maison des origines dont ils portent le nom, sinon de la reproduire à l’autre bout du monde. On ne badine pas avec l’etxe. Si elle s’impose comme une permanence sociale, spirituelle voire mystique, elle fait aussi question quand la pression immobilière la rend inaccessible, un sujet que nous traiterons très prochainement. Malgré les difficultés récurrentes d’accession à la propriété ici comme ailleurs, nous avons voulu donner, sans provocations, les clés de l’etxe.


Pour la comprendre et la voir aujourd’hui à travers de belles réalisations, des rénovations de qualités, des projets concertés. Les maisons choisies dans ce numéro ne donnent pas seulement du rêve : elles ont aussi du sens. Parce que ceux qui les ont conçus étaient ou sont de vrais artistes, des gens de l’art, des architectes des artisans qui aiment et écoutent le pays sans se perdre dans les conjonctures des modes et sans céder aux conventions. La maison basque n’est pas et ne doit pas être une répétition mécanique d’un modèle usurpé de fait par les évolutions et les transformations du temps. Puisque la maison basque a du sens, essayons de le trouver, de le prouver.



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